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George A. MICHAEL
Docteur en Neuropsychologie
Maître de Conférences
Université Lyon 2
Dpt. Psychologie Cognitive Expérimentale & Neuropsychologie

E-mail:george.michael@univ-lyon2.fr


Texte Libre

 


Lundi 27 juin 2005

En neuropsychologie, il y a possibilité d’étudier soit des groupes des patients soit un cas unique. La sélection du cas à étudier peut se faire sur la base de sa lésion ou sur la base de son profil neuropsychologique, ou les deux. La sélection d’un seul cas vient fréquemment pallier aux études de groupe qui réunissent des personnes très différentes au sein d’un même groupe. C’est la raison pour laquelle les groupes sont très hétérogènes (du point de vue de l’étendue des lésions, des profils neuropsychologiques, de l’âge, etc.). Souvent, l’identification et l’étude des troubles deviennent difficiles en faisant la moyenne des performances de plusieurs patients. Cette stratégie de recherche peut masquer l’existence, à l’intérieur du groupe, de patients présentant des performances très différentes.

Plusieurs études ont démontré que nous pouvons obtenir des résultats bien plus fiables grâce à l’investigation détaillée d’un seul patient bien sélectionné. Cependant, l’étude des cas n’a pas cessé de poser des problèmes. Par exemple, on a régulièrement posé la question à savoir s’il est légitime d’utiliser des données issues d’observations individuelles pour l’élaboration de modèles cognitifs qui prétendent par ailleurs à une portée très générale. Il est clair que si chaque patient est « unique », le reproduction des observations est impossible.

La question de la généralisation à partir d’un cas unique est alors posée. Elle constitue par ailleurs l’une des idées reçues qui forment un mur empêchant plusieurs chercheurs à employer cette méthode. Il est évident que la difficulté de reproduction des données doit conduire les chercheurs à une prudence au moment de l’interprétation. Comment se garantir que les observations recueillies ne constituent pas de simples anecdotes, ou encore un biais ?

Ces problèmes ne sont pas insurmontables. Pour y remédier, il faut respecter certaines règles méthodologiques :
(a) il faut tester de préférence des patients qui présentent des déficits stables ; bien que ce critère paraisse simple, en pratique il est très difficile de le remplir ;
(b) chaque test ou condition doit être constitué d’un grand nombre de stimuli ou d’essais ;
(c) le patient doit être testé à plusieurs reprises avec les mêmes tests et à différentes occasions ;
(d) enfin, il est indispensable de présenter plusieurs tests, chacun mettant en jeu les mêmes composantes (celles qui sont étudiées), afin de démontrer que les performances ne sont pas un artefact lié à la tâche.

Tous ces critères sont importants et doivent être remplis afin de garantir la qualité des observations sur le cas étudié. Ainsi, le passage du singulier au général se fera en tenant compte de la cohérence théorique de l’interprétation proposée par rapport au modèle de référence, et d’autre part en intégrant l’ensemble des données existant déjà dans la littérature.





par gmichael publié dans : Cas Unique
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